Développement durable, HQE et BBC

Le développement durable

  • Le concept de développement durable est apparu dès les années 1970, et s’est diffusé dans les conférences des Nations Unies, jusqu’à devenir un enjeu planétaire à partir de la conférence de Rio en 1992 et du protocole de Kyoto en 1997.
Il a fallu attendre 1987, pour en avoir une définition synthétique grâce à Mme Brundtland, Premier ministre en Norvège et présidente de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement, qui proposa de définir la notion de développement durable ainsi : « Le développement durable est un développement qui répond au besoin du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».
Le développement durable s’impose aujourd’hui car il est la solution qui permet de faire collectivement face, à l’échelle de la planète aussi bien qu’à l’échelle locale, aux grandes mutations de ce début de XXIème siècle : le changement climatique, la consommation d’énergie, la gestion des déchets, la gestion des ressources naturelles, la gestion des sols, la santé publique, etc …
 
En France, il est entré dans les mœurs via les Grenelle de l’Environnement n°1 et 2 de 2007 et 2010 qui ont ciblé les grands chantiers de mise en application. Le bâtiment est un des secteurs aujourd’hui les plus actifs de leur concrétisation.
 
La réglementation contribue à accélérer la sensibilisation des différents intervenants de la construction. On observe aujourd’hui une véritable révolution conceptuelle, un changement radical et, pour une fois partagé, des priorités et des modes de raisonnement.
  • Les architectes ne sont pas en reste puisque, dans l’histoire, ils ont été parmi les précurseurs de la démarche, se faisant à l’époque traités d’utopistes, d’élitistes et pire encore dans la bouche de certains, « d’artistes » !

L’architecture organique, bioclimatique, la maison solaire, passive etc..., sont des solutions travaillées par les architectes dès les années 1970, sans compter des réflexions plus anciennes dans lesquelles on peut intégrer des grands noms de l’architecture comme Franck Lloyd Wright, Alvar Aalto, Alvaro Siza ou Laurie Baker.

Les organisations professionnelles d’architectes et l’Ordre des Architectes ont anticipé dès le début des années 2000 sur un plan international et dès 2003 en France, la mise en pratique de la notion de développement durable.
 
Une charte a été établie dès 2005, renouvelée en 2010, de préférence à un système de normes et de certification des architectes eux-mêmes.
 
En effet, un tel système s’avère être parfaitement redondant par rapport à l’obligation contractuelle de moyen et de résultat de l’architecte, de sa mission d’intérêt public, et par rapport à l’ensemble des dispositifs existants ou en cours d’homologation.
 
Il est surtout inapproprié car il aurait eu pour défaut principal d’aboutir à une stérilisation du travail de recherche et de conception, de la prestation intellectuelle qui est la base du métier.
 
En effet, on peut légitimement supposer que si cette prestation intellectuelle architecturale avait été normée dès les années 1970, bien peu des prototypes d’habitat écologique, dont l’expérience nous est pourtant fort utile aujourd’hui, auraient vu le jour sur le sol français.
 
Cette charte consolide la volonté collective des architectes à s’inscrire de plein droit dans le processus, en conservant leur liberté de manœuvre et d’analyse de la complexité des cas particuliers, dans l’intérêt conjoint de leur Maître d’ouvrage et de la collectivité, dans le respect de la loi sur l’Architecture.

 

Friedensreich Hundertwasser architecte viennois 1928-2000
"L'arbre-locataire paie en oxygène"